La formation continue, pilier de la transformation pédagogique au quotidien
Les réformes qui se succèdent, l’évolution des profils d’élèves, l’irruption du numérique et la prise en compte de nouveaux axes transversaux comme l...
15 octobre 2025
Peu connu du grand public, le troisième concours est pourtant l’une des trois voies d’accès majeures à la plupart des concours enseignants du premier et du second degré, aux côtés des concours externes et internes. Créé pour valoriser l’expérience professionnelle hors du champ strict de l’éducation nationale, le troisième concours s’adresse à un public spécifique : les actifs, souvent en reconversion, qui souhaitent devenir professeurs sans répondre aux critères du concours externe (diplôme universitaire) ou interne (ancienneté dans la fonction publique).
L’existence du troisième concours répond à un double enjeu :
Le cadre réglementaire est fixé par les textes de chaque concours, sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale (voir par exemple l’article 5 du décret n°2004-592 pour le CRPE, ou l’arrêté du 25 juillet 2018 relatif au CAPES troisième concours).
Le troisième concours est réservé à des candidats qui justifient d’une expérience professionnelle significative dans le secteur privé, les associations, ou en tant qu’indépendants. Selon les concours, cette expérience doit avoir été acquise dans des emplois n’ayant donné lieu à la titularisation dans un corps de la fonction publique. Par exemple : salariés du secteur privé, membres d’une profession libérale, artisans, commerçants, responsables associatifs, etc.
Attention : les stages, périodes militaires obligatoires, emplois étudiants, et certaines expériences bénévoles ne sont pas comptabilisés. Le détail des conditions figure dans chaque note de service ministérielle publiée annuellement (source : education.gouv.fr).
Voici quelques concours accessibles selon cette modalité :
Chaque académie choisit, chaque année, d’ouvrir ou non le troisième concours, en fonction de ses besoins en recrutement. Ce contingentement impacte fortement les perspectives selon les régions et les disciplines.
Le volume de postes ouverts par la voie du troisième concours est très modeste, comparativement à l’externe ou à l’interne. Par exemple, en 2023 :
Le taux d’admission au troisième concours est statistiquement plus élevé que pour l’externe, ce qui le rend attractif pour des profils atypiques (exemple : taux d’admissibilité en CRPE 3e concours 2023 supérieur à 10%, contre moins de 7% pour l’externe dans certaines académies - source : SNUipp-FSU).
Opter pour cette modalité, c’est miser sur la reconnaissance de ses acquis extra-éducation nationale, mais cela exige de répondre à des attendus précis lors des épreuves.
Les concours reposent en général sur deux volets :
L’entretien est souvent centré sur la capacité à expliquer en quoi l’expérience passée va nourrir la pratique d’enseignant.
Les lauréats du troisième concours viennent de tous horizons. Quelques exemples récurrents parmi les admis (source : enquêtes MENJS, 2022-2023) :
Le point commun : une capacité à transférer ses compétences dans un cadre innovant, et une volonté d’investir une mission de service public.
Penser le troisième concours comme un “accélérateur” peut induire un malentendu. Même si le diplôme de niveau master n’est pas nécessaire, le niveau d’exigence disciplinaire et pédagogique est élevé, en particulier dans les matières générales.
L’intégration en poste, après réussite au concours, se fait souvent par le biais d’une année de stage suivie d’une titularisation, avec accompagnement par les INSPE (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation).
L’ouverture du troisième concours s’inscrit dans une politique de diversification des profils d’enseignants et de lutte contre la pénurie dans certaines disciplines et zones géographiques. Elle permet également de répondre à la demande croissante de reconversions professionnelles : en 2022, 8% des entrants au sein du corps enseignant provenaient d’un autre univers professionnel que l’éducation, un chiffre en progression (source : ministère de l’Éducation nationale, rapport annuel 2022).
Plus largement, l’accueil de ces profils favorise l’émergence d’approches pédagogiques variées et l’enrichissement collectif de l’établissement.
Pour celles et ceux qui souhaitent donner un sens nouveau à leur carrière, le troisième concours représente une porte d’entrée exigeante mais singulière, et un vecteur de diversité professionnelle dont la communauté enseignante peut tirer un réel profit.