La formation continue, pilier de la transformation pédagogique au quotidien
Les réformes qui se succèdent, l’évolution des profils d’élèves, l’irruption du numérique et la prise en compte de nouveaux axes transversaux comme l...
17 juillet 2025
Devenir enseignant en France passe, pour la majorité des futurs professeurs, par la réussite à un concours national : CRPE (premier degré), CAPES, agrégation, CAPLP ou CAPET selon la spécialité. Depuis la réforme de la formation initiale des enseignants (2021), la préparation à ces concours s’effectue classiquement au sein des Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Éducation (INSPE). En 2022, selon le État de l’école 2023, MENJ, 27 000 candidats étaient inscrits dans ces dispositifs.
Cependant, nombre de candidats choisissent chaque année de se préparer autrement, en dehors du parcours INSPE. La part de ces “préparations libres” demeure difficile à quantifier, le ministère ne publiant pas de statistiques officielles à ce sujet. Néanmoins, la question s’impose : est-il réaliste et pertinent de viser la réussite sans passer par l’institution, et surtout — comment s’y préparer efficacement ?
La plupart des candidats inscrits à un concours de l’enseignement sont en master MEEF, généralement adossé à une INSPE. Pourtant, plusieurs motivations peuvent amener à envisager une préparation hors de ce circuit :
En 2023, selon la plateforme officielle Devenir enseignant, le public des concours est hétérogène : 38 % des admis au CRPE venaient du master MEEF (INSPE), mais près de 40 % détenaient un autre master, et 17 % étaient salariés ou en reprise d'étude. Le chemin “hors INSPE” est donc loin d’être marginal.
Renoncer à l’INSPE ne signifie pas manquer de ressources. Plusieurs options s’offrent au candidat, chacune présentant des atouts et des écueils :
À noter : selon le rapport IGEN de 2022 sur l’accompagnement des contractuels, 28% des contractuels de l’Éducation nationale préparent un concours en parallèle de leur exercice.
La préparation hors INSPE se distingue par sa flexibilité, sa personnalisation et souvent l’ancrage dans une expérience concrète du monde adulte. Mais elle comporte des défis :
| Préparation INSPE | Préparation Hors INSPE |
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Un rapport du Sénat de juin 2023 sur le recrutement des enseignants souligne que “la réussite des concours corrèle fortement avec la possibilité de bénéficier de retours individuels sur sa pratique” — dimension parfois plus difficile à obtenir hors du cadre INSPE, mais que certains candidates compensent par des formations hybrides ou en recherchant activement du tutorat.
Même si l’INSPE reste le vecteur majoritaire de réussite, les statistiques témoignent de la faisabilité d’un parcours “hors cadre” :
Ceci étant, selon le rapport du Sénat déjà cité ci-dessus, “les candidats en reconversion ou diplômés d’un autre master réussissent mieux lorsqu’ils intègrent au moins un stage ou une expérience de terrain, même brève, durant leur préparation”.
La recherche menée par l’Institut Français de l’Éducation (2022-2023) identifie diverses stratégies efficaces pour les candidats hors INSPE :
Certains organismes publics (ex : Réseau Canopé, CNED) proposent désormais des préparations hybrides destinées précisément à ce public hors-INSPE. L’offre s’enrichit aussi via les collectivités locales (ex : Académie de Versailles, formations gratuites à destination des contractuels en reconversion).
L’admission à un concours du second degré (CAPES, CAPLP, agrégation…) donne accès au statut de fonctionnaire stagiaire. Or, même sans avoir passé par l’INSPE, la formation initiale reste obligatoire durant l’année de stage : les lauréats hors INSPE suivent alors une formation adaptée, dont la volumétrie varie selon les académies, et qui complète l’expérience acquise. Sauf dispense, personne n’y échappe totalement. Les lauréats du CRPE, suivant le profil, sont aussi soumis à un cadrage national de formation en alternance.
Cette règle vise à garantir une base de “socle professionnel partagé”. Les non-INSPE rapportent parfois un choc initial d’adaptation, mais également une capacité d’apport différencié du fait de leur parcours. Le rapport de l’INSPE de Lyon pour la session 2022 recommande par exemple de valoriser davantage la diversité des profils, qui favorise la réflexivité au sein des promotions (voir inspe.univ-lyon1.fr).
L’accès à l’enseignement en France demeure balisé par un concours public, mais la multiplicité des profils et des situations appelle à revaloriser les cheminements non linéaires. Préparer le concours sans INSPE est non seulement possible, mais de plus en plus fréquent. Il s’agit moins de choisir “avec ou sans” institution que de mobiliser, en connaissance de cause, l’ensemble des ressources disponibles, personnelles comme collectives. Dans ce contexte mouvant, la capacité à élaborer un projet de préparation autonome, rigoureux et adossé à des pratiques professionnelles variées, devient un atout majeur pour l’entrée dans le métier.
Pour qui envisage cette voie, l’essentiel reste une lucidité sur ses besoins d’accompagnement, et la sollicitation active de réseaux et d’outils adaptés. La diversité des chemins mène bel et bien au métier : la question n’est plus tant le “parcours” que la qualité de la préparation et la dynamique d’engagement dans une profession en constante évolution.