Peut-on enseigner dans le privé sous contrat sans concours ?
La réponse revient, globalement, à non sur le long terme. Mais la réalité du terrain et les pratiques de recrutement introduisent quelques nuances temporaires à connaître.
Les concours : sésame pour être titulaire dans le privé sous contrat
Pour enseigner durablement dans le privé sous contrat, il faut passer le concours du second degré (CAER – Concours d’accès à l’échelle de rémunération, équivalent dans le privé du CAPES ou de l’agrégation) ou le CRPE privé pour le primaire. Après la réussite au concours, l’enseignant devient « maître contractuel agréé », puis peut accéder au statut de « maître délégué » (titulaire) après titularisation.
Sans réussite au concours, il n'est pas possible d’accéder à ce statut de manière pérenne, qui ouvre aux mêmes droits et obligations que dans le public (salaire, retraite, progression de carrière...). Source : Education.gouv.fr
Le recours aux « maîtres délégués » : la réalité des besoins sur le terrain
Cependant, face à la pénurie d’enseignants (en particulier dans certaines disciplines comme les mathématiques, l’anglais et les sciences), les établissements privés sous contrat recrutent chaque année des milliers de professeurs sans concours, appelés « maîtres délégués ». Ces professeurs assurent des remplacements ou des compléments d’heures, pour des durées variables (quelques semaines à plusieurs années).
Contrairement au secteur public, le recrutement des maîtres délégués dans le privé s’effectue souvent directement par le chef d’établissement ou le rectorat (via les « directions diocésaines » dans le cas de l’enseignement catholique). Aucun concours n’est requis pour ces postes, mais généralement un niveau licence est demandé, ainsi qu’une vérification du casier judiciaire et, le plus souvent, un entretien.
- En 2023, plus de 12 000 maîtres délégués ont exercé dans le privé sous contrat (Statista, Ministère).
- Dans certaines académies, les enseignants non titulaires représentent jusqu’à 20% de l’effectif des professeurs du privé.
Mais il s’agit de contrats précaires : CDD renouvelables, pas forcément à temps plein, sans assurance de titularisation, ni de progression de carrière… Enseigner dans le privé sous contrat sans concours est donc possible, mais temporaire et sans garanties.