La formation continue, pilier de la transformation pédagogique au quotidien
Les réformes qui se succèdent, l’évolution des profils d’élèves, l’irruption du numérique et la prise en compte de nouveaux axes transversaux comme l...
29 janvier 2026
Les attentes des formateurs INSPE ne relèvent ni de l’arbitraire, ni de la seule subjectivité. Elles s’inscrivent dans un cadre institutionnel balisé depuis la réforme de la formation des enseignants et la création des INSPE en 2019 (Décret n° 2019-964 du 18 septembre 2019).
Le référentiel de compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation (BOEN n°30 du 25 juillet 2013) sert de guide incontournable. Il pose 14 compétences ciblant, entre autres, l’éthique professionnelle, la maîtrise disciplinaire, la mise en œuvre pédagogique, la conception d’évaluations et la contribution au fonctionnement de l’école ou de l’établissement.
Mais, si le cadre apparaît stabilisé, les priorités peuvent évoluer selon les contextes académiques et les défis identifiés — inclusion, gestion de la diversité, éducation aux médias, etc.
Le développement d’une posture réflexive est au cœur des attentes. Il ne s’agit pas seulement de « faire cours », mais d’être capable d’analyser sa pratique, de s’interroger sur ses choix, de tirer parti des retours pour progresser. Comme le notent de nombreux rapports académiques (voir rapport de l’IGEN, 2021), la réflexivité fonde l’entrée dans le métier de façon durable.
Le portfolio professionnel, instauré dans de nombreuses INSPE, est un vecteur de cette démarche réflexive. Il sert à consigner ses essais, ses évolutions, et à argumenter son cheminement professionnel.
Le cœur de l’évaluation des formateurs porte sur la capacité à mettre en œuvre des scénarios d’enseignement adaptés, construits à partir de directives officielles et des besoins concrets repérés chez les élèves.
Enseigner, c’est avant tout :
Les formateurs INSPE attendent que les stagiaires soient :
En 2021-2022, 83% des formateurs INSPE déclarent que les compétences en « adaptation et différenciation » sont au centre de leurs critères d'observation chez les stagiaires (source : enquête Université de Lorraine, 2022).
La capacité à installer et à maintenir un climat de classe propice aux apprentissages constitue un enjeu stratégique. Les formateurs sont particulièrement attentifs :
Selon une synthèse publiée par l’Eduscol, la gestion de classe est citée comme un point de fragilité par 61 % des stagiaires lors des retours d’observation, alors qu’elle constitue l’un des critères majeurs de la titularisation.
L’un des axes montants dans l’évaluation des stagiaires par les formateurs INSPE concerne la capacité à s’intégrer dans des dynamiques collectives. L’école n’est plus envisagée comme un espace fermé sur la classe du professeur seul, mais comme un collectif en action.
Plusieurs INSPE proposent, à ce titre, des ateliers d’analyse de pratique collectifs et des dispositifs de co-intervention pour renforcer ce volet.
Les formateurs INSPE rappellent l’importance de l’adhésion aux valeurs et règles de l’institution :
Le non-respect de ces principes peut être bloquant pour toute validation, quels que soient les acquis didactiques ou la qualité de la relation de classe.
Enfin, face à l’évolution rapide du système éducatif et des publics scolaires, la capacité d’adaptation est devenue une compétence centrale. Les formateurs attendent que les stagiaires puissent :
Cela suppose une ouverture d’esprit, une capacité à apprendre en continu, et à gérer les émotions associées à la nouveauté ou à la difficulté. Les entretiens avec les formateurs visent ainsi, très concrètement, à repérer ces qualités dans les retours et dans la posture adoptée.
Les attentes des formateurs INSPE dessinent le profil d’un professionnel en cheminement, plus qu’un expert figé. Flexibilité, capacité d’analyse, restitution sincère des difficultés, et appétence pour la coopération sont aujourd’hui au cœur de la validation. Ces exigences, loin d’être des obstacles, constituent l’ossature d’une professionnalisation réussie, capable de faire face aux mutations de l’école contemporaine, tout en redonnant sens et élan au métier.
La réussite de l’année de stage ne se limite donc pas à la conformité à un modèle. Elle réside dans la capacité à entrer dans une démarche de progrès continu, en sachant mobiliser l’accompagnement offert par les formateurs tout autant que la richesse du collectif enseignant.